Des alternatives au “cuir d’animaux” offertes par la Nature

Des alternatives au “cuir d’animaux” offertes par la Nature

12/03/2019
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    Conscients de l’impact environnemental de la production de cuir, de sa toxicité pour l’homme et des maltraitances animales qui en découlent, des créateurs et designers se mettent en quête de solutions alternatives. En effet, s’inspirant parfois de vieilles traditions, ils travaillent à l’élaboration de matières 100% végétales ressemblant à s’y méprendre à du cuir. C’est pourquoi on parle de “cuir végétal”. Une appellation ambiguë dont il faut se méfier car un cuir animal traité et tanné à l’aide de substances uniquement  végétales est également appelé ainsi !

    Parmi ces créateurs et designers qui tentent l’aventure, nous retrouvons Philippe Starck, qu’il n’est plus nécessaire de présenter. Il s’est associé à une marque de mobilier italienne pour se lancer dans une démarche expérimentale. L’alternative au cuir animal qui résulte de leur travail est appelé “Apple Ten Lork”. Elle est élaborée par une société italienne, Frumat, à partir de noyaux et peaux de pommes. Cette nouvelle matière permet d’habiller du mobilier d’intérieur en blanc, orange et noir.

    Le souhait de Philippe Starck est de faire réfléchir le consommateur au sujet des matériaux utilisés pour produire ce qu’il achète.

    La créatrice espagnole Carmen Hijosa a quant à elle mis au point le Piñatex. Un cuir végétal à base de fibres de feuilles d’ananas. Elle s’est inspiré de la culture textile philippine. Traditionnellement les hommes y portent un habit en fibres de feuilles d’ananas pour les mariages ou les évènements importants. Le Piñatex offre de multiples possibilités, il peut être teint, traité, imprimé … pour obtenir différentes textures, épaisseurs … La production de cette matière produit moins de déchets que celle du cuir animal. Et les restes de végétaux sont transformés en biogaz et engrais pour l’agriculture des philippiens. La matière première est envoyée en Angleterre  et en Espagne pour être transformée. 480 feuilles sont nécessaires pour faire 1 m2 Piñatex ce qui représent 16 ananas et son coût est moindre que celui du cuir animal (23€ le m2 contre 25 à 38€ pour un cuir d’origine animale). Il a fallu 10 ans de recherche à Carmen Hijosa avant de présenter sa première collection de chapeaux, chaussures et sacs au Royal College of Art à Londres. Les marques Puma et Camper ont déjà manifesté leur intérêt pour cette nouvelle matière. L’ananas aurait-il un avenir également hors de nos assiettes ?

    Autre exemple, celui de Richard Wool, un professeur et ingénieur américain qui a obtenu le grand prix des innovations écologiques avec son “éco-cuir”, au World Green Design Award. Il s’agit d’une association de lin, coton, maïs, soja et huiles végétales. La matière obtenue est biodégradable et moins chère à produire que les cuir animal. Elle n’est pas encore commercialisée mais Adidas et Nike semblent déjà s’intéresser à son potentiel.

    La liste des alternatives offertes par les végétaux ne s’arrête pas là !

    En Allemagne, est produit un cuir à base d’eucalyptus sans pesticides et uniquement en circuit court.

    En Italie, c’est un cuir de champignon que l’on retrouve ! Le Muskin est produit à partir de chapeaux de champignons. Il est biodégradable, écologique et ressemble beaucoup au daim.

    Au Brésil, on parle plutôt de latex 100% végétal et écologique. Il est conçu à partir de la sève d'hévéa.

    On trouve aussi du cuir d’écorce de de chêne liège, récolté et conçu de manière éthique et sans impact sur l’environnement, mais aussi du cuir de thé kombucha, d’algue ou de résidus de raisin.


    Les possibilités végétales semblent infinies lorsqu’il s’agit de trouver des alternatives au cuir animal ! Et vous pouvez déjà trouver à la vente des pièces à des prix raisonnables, allez jeter un oeil sur cette sélection de sacs à main, par exemple : https://www.slowlyveggie.fr/sac-vegan/ .

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